Said Hirèche, parcours d'un joueur passionné et travailleur
Publié le mardi 19 janvier 2021 à 12:00

Si actif sur un terrain mais si discret en dehors. Tel est Saïd Hirèche. Alors que sa fin de carrière est annoncée à l'issue de cette saison, le capitaine du CA Brive n'est pas encore prêt à baisser pavillon. Depuis Mantes-la-Jolie, la route a été longue mais belle pour Saïd Hirèche.

Le voir s'exprimer à l'issue d'une rencontre ou plus globalement sur une rencontre n'a rien d'exceptionnel mais voir Saïd Hirèche évoquer sa vie, sa famille, son enfance, c'est quelque chose de beaucoup plus rare. Dans un long entretien à Midi Olympique, le 3e ligne briviste s'est livré. A coeur ouvert.

 

1- Jeunesse

Tout a commencé à Mantes-la-Jolie, en région parisienne. Saïd Hirèche grandit là-bas, dans une famille nombreuse (six soeurs et deux frères). Il grandit dans un univers très cosmopolite et surtout très sportif. Dans la famille, le sport est presque une religion. Si aujourd'hui, on connait Saïd le rugbyman, il ne faut pas oublier Samia qui a représenté l'Algérie en aviron aux Jeux Olympiques d'Atlanta et de Sydney. Après le football (5 ans), le karaté (1 an) et l'aviron (4, 5 ans), le rugby est arrivé. Une rencontre un peu par hasard mais comme quoi, le hasard fait bien les choses.

Lorsque j'étais à l'aviron, il y avait eu un tournoi interdiscipline qui m'avait fait découvrir le rugby. Ensuite, j'ai rencontré Marc Jourdaine dans un centre de loisirs. C'était un ancien joueur de haut niveau. Il m'avait dit : "Tu vas venir à la rentrée, tu es grand, tu es costaud, ça va te plaire, je pense." J'ai essayé et je n'ai plus lâché jusqu'à maintenant. J'étais à fond.

Et le talent a été vite repéré. A la suite de plusieurs sélections régionales, plusieurs joueurs de Mantes-la-Jolie ont attiré l'oeil du Stade Français et du Racing 92. Tandis que Saïd devait rejoindre le Racing, il s'engage finalement au Stade Français. En parallèle de ça, l'école a toujours sa place car il fallait, malgré tout, prévoir une porte de sortie. D'abord titulaire d'un BEP mécanique auto et d'un Bac Pro, il enchaine avec un BTS technico-commercial. Ce bagage scolaire est important pour le joueur et c'est ce qu'il transmet aujourd'hui.

Je ne savais pas à ce moment-là ce que ma carrière allait donner, si j'allais être professionnel. Jusqu'aux Espoirs, je n'en avais aucune idée. Il était donc important que je continue à me former. C'est ce que je dis à tous les jeunes que je croise : l'école, c'est primordial pour faire d'autres rencontres, garder une ouverture d'esprit. Sinon, tu te renfermes et ce n'est jamais bon.

 

2- Le Stade Français puis Aurillac

Saïd Hirèche débute avec l'équipe première en 2005. Dans une 3e ligne royale (Christophe Moni, Remy Martin, Sergio Parisse, Pierre Rabadan ...), le jeune 3e ligne apprend les exigences du métier et s'endurcit avec ça. En 2008, il rejoint alors Aurillac. Si Oyonnax était un premier choix, c'est finalement dans le Cantal qu'Hirèche va commencer à se faire un nom.

Au début, je ne jouais pas beaucoup mais j'ai redoublé d'efforts et ça a fini par tourner. Je suis resté 4 ans. Ca m'a lancé dans le rugby professionnel et ça m'a fait rencontrer des tas de gens.

4 saisons dans le Cantal commencent à installer Hirèche dans le paysage du rugby hexagonal. Cela aurait dû continuer mais un club voisin s'intéresse à ce 3e ligne : Brive.

 

3- Le CA Brive

L'arrivée à Brive se fait alors très vite : un coup de fil et une rencontre avec Didier Casadéi, une clé USB et Nicolas Godignon valide l'arrivée du 3e ligne aurillacois. Et tout va aussi très vite sur le terrain. Relégué en Pro D2, le CAB remonte immédiatement en Top 14. De quoi valider l'objectif de Saïd Hirèche : jouer en Top 14. Depuis 8 ans, Said Hirèche porte le maillot de Brive et s'est imposé comme un cadre de l'équipe. Mais c'est un club qui lui ressemble, à son image : travailleur et discret.

Je suis très attaché à ce club. Ca fait presque 10 ans que j'y suis, ça veut tout dire. Je m'y suis identifié d'entrée. J'ai rencontré tant de mecs énormes. Il y a un côté amateur, familial mais aussi une vraie exigence en parallèle. Ca me correspond.

Une exigence qu'il s'applique d'abord lui. Toujours vouloir faire le match parfait, être très rigoureux sur son hygiène de vie. Etre toujours au top à bientôt 36 ans (il les aura le 27 mai prochain) ne se fait pas comme ça, en claquant des doigts. Mais surtout, il n'oublie que son métier est une passion et que c'est une chance de pouvoir vivre de sa passion.

Il ne faut pas l'oublier : je vis de ma passion. J'ai la chance de vivre un rêve en jouant en Top 14. J'ai des copains qui évoluent en Fédérale 3, en Honneur. Je me dois de les représenter un tout petit peu, sans prétention aucune. De les rendre fiers. Ca me tient à coeur. Et puis la famille, évidemment.

Une famille qui a eu un peu de mal à comprendre ce choix du rugby, un sport violent. Mais avec le temps, tout le monde est fier du parcours du fils. Et comme toutes les mamans, il y a toujours l'appel après le match pour savoir si tout va bien !

 

4- Une dernière saison ?

Depuis 3 saisons, Saïd Hirèche a pris la relève d'Arnaud Méla comme capitaine du CAB. Un rôle pas forcément prévu mais accepté et qui tient très à coeur au 3e ligne.

Je n'avais rien demandé, c'est un rôle qui m'a été confié. Je voulais juste être à la hauteur de cette responsabilité. J'essaie d'emmener l'équipe du mieux que je peux. C'est juste encore plus important que je sois irréprochable. Comme ça, si tu as un truc à dire à un mec, tu es légitime.

En fin de contrat à l'issue de cette saison, Said Hirèche doit raccrocher et basculer sur un poste d'entraineur. La flamme de la passion ne s'est toujours pas éteinte et il a à coeur de transmettre.

J'ai passé mon DE il y a 3 ou 4 ans. J'aimerais avoir le DES par la suite. Il est primordial d'acquérir des compétences avant de se lancer. Une fois que j'aurai arrêté, je finirai de me former. Ca fait 20 ans que je suis à fond dedans. Je suis toujours aussi passionné. J'ai envie d'essayer d'entrainer, d'encadrer. Si ça ne marche pas, je me retournerai et je vivrai quelque chose de différent.

 

Mais est ce que cette saison 2020/2021 marquera la fin de la carrière de Saïd Hirèche ? Pas si sûr que ça. Il se pourrait bien qu'une saison supplémentaire se rajoute à la carrière du 3e ligne. En tout cas, il laisse planer le doute.

On va voir. En tout cas, la fin approche. L'important est de rester jusqu'au bout fidèle à ce que j'ai été, dans l'investissement et dans l'état d'esprit. Je veux profiter de tous les moments car je sais que ça s'arrêtera bientôt.

 

Quoiqu'il arrive à l'issue de la saison, Saïd Hirèche aura marqué de son empreinte son passage au CAB. Un combattant qu'on l'aime le public briviste et qu'il souhaite voir continuer à Brive, en tant que joueur et en tant qu'entraineur.

 

Rémi Brazon, Rédacteur
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Saïd HIRÈCHE
Troisième ligne
Classement Top 14 Pts
1 Toulouse 81
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11 Brive 51
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13 Pau 46
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