Derrière les poteaux : La sieste #40
Publié le mercredi 12 septembre 2018 à 12:00

Un match de rugby à l'heure de la sieste dominicale, comment est ce possible ? Ceux qui ont assisté, regardé ce Brive - Béziers en ont eu pour leur compte, de sieste ! Mais le final a réveillé tout le monde qui est reparti content de la victoire. C'est déjà ça !

La brise légère qui s’insinuait dans les travées aérées d’Amédée Domenech n’apportait pas la moindre indication sur les intentions des visiteurs dominicaux, les joueurs du célèbre et mythique Béziers. L’ogre des années 70 et 80 n’est plus ce qu’il était, mais sa légende palpite toujours dans le cœur de l’Histoire.

De son côté, le CAB espère une victoire pour remonter au classement. Pour cela, le manager joue la carte des jeunes et des cadres. Un mix dont l’équilibre toujours précaire en début de saison ne demande qu’à se bonifier. L’air de rien, le premier bloc s’achève avec cette réception, et s’il est normal que le moteur noir et blanc nécessite quelques réglages, il ne faudrait plus trop tarder à performer. Les grosses cylindrées du championnat sont lancées et bien lancées, et la suite est une promesse de combat, de difficultés, de doutes, de surprises et d’inconnu.

Derrière mon « poste », j’écoute la « voix » qui me raconte, tel un ancien assis dans le cantou, les aventures héroïques de figures tutélaires que le passé a avalé dans son vortex permanent. C’est dur de ne pas être au stade, après toutes ces années à gueuler, scander, croiser des regards passionnés. Mais le coup doit être marqué. La direction doit être sanctionnée pour ce grand gâchis de la saison passée. Après, quand l’éponge sera passée, nous pourrons nous retrouver.

Donc me voilà avec une oreille sur l’enceinte et un œil sur l’écran d’ordinateur pour ne rien rater des commentaires « en direct live ». Le moins que l’on puisse dire c’est que Béziers ne montre pas grand-chose d’un point de vue offensif. Mais ils savent défendre les biterrois (je ne me ferais jamais à cette appellation d’origine incontrôlée), et on en bave des ronds de chapeaux pour passer la ligne. Cette équipe de zèbres, ça me fait encore bizarre de la voir évoluer (enfin de l’entendre évoluer plutôt), tous ces joueurs que j’aimais, partis, disparus dans le pays, dispersés aux quatre coins de l’hexagone façon puzzle. Poutasi Luafutu, Mike Tadjer, Gaétan Germain, Sisa Koyamaibole, Benjamin Lapeyre (tiens, lui il est quand même sur la pelouse, mais avec le maillot des visiteurs). Ce CAB là est en mutation, plus ou moins. Inutile donc de tirer des conclusions avant que la métamorphose ne soit accomplie en totalité et que la mue ne sèche sur la pelouse exsangue du stadium.

Il y a quand même deux trois choses sur lesquelles nous pouvons phosphorer, quelques « trucs » capables d’alimenter les discussions de comptoir du dimanche matin, quand la brume chevauche encore la Corrèze sinueuse et s’accroche en lambeaux à l’ossature du pont cardinal. Le poste de buteur par exemple. Enfin on semble fixer Thomas Larenjeira ! Pas trop tôt. Après des années d’errance, le talentueux couteau suisse corrézien peut enfin montrer de quel bois il est fait. Je gage qu’il montrera à tous, ses grandes qualités de relanceur et surtout de buteur fiable et régulier.

La charnière aussi. Je n’ai jamais été fan de la charnière Marques Ugalde, c’était pauvre, pas inspiré, pas concluant. Bien sûr on peut dire que cela était dû au plan de jeu de la saison passée, mais je rappelle que le plan c’était justement qu’il n’y avait pas de plan. Le début de la saison Pro D2 repartait sur les mêmes bases, les premiers matchs faisaient peur. Avec le jeune Delarue et notre irlandais virevoltant, c’est un autre niveau, une autre vision du jeu. Bien sûr, il y aura aussi quelques remous qui secoueront le nouveau navire charnière, mais ce serait bien, quand cela arrivera, qu’on lui donne autant de temps qu’à celui qui l’a précédé. Contre Béziers, le demi de mêlée a été un peu dans le dur, mais il n’a pas été aidé par des avants un peu lents, et la prestation du demi de mêlée dépend en partie de celle du pack (c’est presque une lapalissade).

Matthieu Ugalde au centre, ça a une autre gueule. Il a de l’avenir à ce poste, à cet endroit du terrain.

Dommage que certains spectateurs ou auditeurs se soient assoupis et n’ai pas pu apprécier les progrès de certains, car en effet, comme l’a rappelé le lucide Felix Le Bourhis, « qu’est-ce qu’on s’est fait chier ! ». Peut-être qu’ils ont été sonnés en découvrant la binouze à 5 euros…

Bon, en tribunes, les sardines n’étaient pas très serrées, elles avaient de la place. Et plus l’hiver approchera plus elles pourront s’ébattre avec plaisir. Etendre les nageoires sur le siège vide d’à côté, s’allonger même.

Le seul truc pénible quand on s’endort devant un match de rugby, c’est qu’on est réveillé en sursaut quand survient un essai. Les cris, les « hourras », perforent notre somnolence avec une violence qui mériterait un carton jaune de monsieur Cardona. Faut pas être cardiaque.

Bon, allez, on se dit à la prochaine. D’ici là, n’oubliez pas, le rugby n’est qu’un jeu. Pensez à contempler les étoiles, ça détend.

 

 

Sébastien Vidal, Chroniqueur
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