Derrière les poteaux : Replay #51
Publié le mercredi 8 mai 2019 à 06:00

Une dernière journée marque la fin d'une histoire et le début d'une autre. Des clubs et des joueurs arrêtent tandis que d'autres se préparent à la lutte finale. Brive a connu quelques bas mais surtout des hauts. La phase finale est là, comme il y a six ans. Avec le même résultat ?

L’ultime. Le dernier match de la saison régulière. Celui qui prend aux tripes où que l’on soit. Dans beaucoup de stades de France et de Navarre il y a eu des pleurs de joie, de tristesse. La dernière journée, pour certains la dernière à domicile, pour quelques-uns la dernière en crampons tout court.

C’est le moment des annonces. Ceux qui sont en demie (ah qu’est-ce qu’on est serré, au fond de cette boîte, chantent les sardines…) je sais, ce n’est plus cela que l’on entend, mais je préfère, c’est comme ça. Il y a ceux qui sont relégués (ce n’est qu’un au revoir mes frères, ce-« eu »-n’est qu’un au revoir…).

Enfin, il y a ceux qui entendent le glas qui résonne, Hemingway nous a dit un jour pour qui sonnait le glas. La fin d’une carrière, ça nous pend au nez à tous, mais dans le rugby, avec ses humeurs de vestiaires, avec ses aventures humaines au long cours, c’est différent. On sait que rien ne sera jamais comme avant. C’est arrivé par exemple à Sébastien Inigo, le demi de mêlée légendaire du club de Colomiers. Oui, légendaire, parce qu’on peut être une légende dans son club et pas trop connu ailleurs, c’est ça le rugby. En général, légende rime avec fidélité.

C’est arrivé aussi à « La Caisse » Olivier Caisso, le deuxième ligne ne promènera plus sa grande carcasse de Goliath sur les terrains, ou alors juste avec ses élèves. Il a décidé de choisir avant que le rugby ne choisisse pour lui et il a bien fait. Celui qui a mené un combat contre le pire des ennemis va goûter une nouvelle vie qu’il s’est pelé tout seul comme un grand. Bravo !

Donc le dernier match. Pas le plus aisé, pas le plus beau non plus. À force de se dire que seul le résultat compte, on finit par accepter pas mal de choses. Ainsi le CAB qui fut poussif une bonne partie de la saison finit par trouver une carburation suffisante pour conquérir la première place finale. L’effectif est solide et il est assez complet mais nous savons pour l’avoir vécu que les choses sur le terrain ne se passent que rarement comme sur le papier. Le seul tapis vert qui compte c’est celui de la terre et de l’herbe. Après une saison de montagnes russes, nous finissons au sommet plutôt que dans la vallée (ça tombe bien, dans la vallée il y a déjà la tribu de Dana).

Je dois reconnaître que je nourrissais quelques doutes il y a un an, quand nous étions relégués du Top 14. Je nous voyais mal. La cause à des éléments toujours en place et auxquels je ne donne plus aucune confiance ni crédibilité. Cependant, l’annonce de l’arrivée de Jeremy Davidson m’a rassurée, mais il arrivait seul, sans staff, comment cela allait-il se passer ? Nous connaissons les épisodes à la « Dallas » du club, rien n’était fait. La réponse nous l’avons eue. J’en suis très heureux. Le club va-t-il saisir cette occasion rare pour s’ouvrir enfin à ses supporters et construire main dans la main ? L’avenir nous le dira assez vite.

Le manager a réussi à imposer sa volonté, petit à petit l’ancien 2e ligne fait son nid (faut juste un peu de place et une branche solide). Certains départs précipités en cours de saison ont montré qu’il prenait la main. J’en attends encore…un ou deux…

Faut-il préparer la demie à la maison sur les bases du dernier match ? Espérons que non, plutôt sur celui à Nevers ou à Oyonnax. Notre équipe possède deux visages, un énormément plus séduisant que l’autre. Notre pack ne domine plus comme fût un temps, cela ne nous empêche pas de terminer premiers, mais rappelons-nous que nous n’avons encore rien gagné. Finir premier ne vaut que si nous gagnons la suite, le ticket pour Pau et le Pass Top 14.

Nous allons recevoir soit une équipe chevronnée habituée à ces matchs couperets et qui nous connaît parfaitement ou une jeune équipe en pleine bourre qui respire l’envie et l’audace. Rien de plus dangereux que ça, l’envie et l’audace placées sur une bonne dynamique de victoires.

Le stadium Amédée Domenech a ressuscité les belles heures passées, celles des tribunes gavées et des drapeaux en fleur, celles des affluences de torrents impétueux et des haies d’honneur noires et blanches. La forteresse, qui faisait « portes ouvertes » la saison dernière s’est claquemurée derrière ses remparts et a relevé le pont-levis. Personne n’est entré. Il s’en est parfois fallu de peu. Finalement il n’y a pas eu besoin de lancer des courges du haut des machicoulis, la citadelle chère à Antoine de Saint-Exupéry est restée propre et nette. Elle aura même bientôt droit à une nouvelle pelouse hybride qui pourra, pourquoi pas (c’est le plan non ?), accueillir autre chose que ses colosses en crampons et troquer de temps en temps, à la saison du soleil, les tambours des supporters pour les percussions de groupes de musique divers et variés.

En attendant la musique, veillons à ne pas produire la fausse note qui plomberait l’orchestre tout entier parce que maintenant c’est le temps du fil du rasoir, c’est l’époque des matchs couperets, stop ou encore, Pro D2 ou Top 14, faites vos jeux, rien ne va plus.

Funérailles à la maison ou fiesta en Béarn ?

Surtout prendre les matchs les uns derrière les autres, ne pas vendre la peau du visiteur avant de l’avoir détroussé. S’il le faut, prendre une mi-temps après l’autre, on n’est jamais trop prudent.

Jean-Marie Soubira nous regarde. Il n’avait pas dû trop aimer la fin du film la saison dernière, fignolons la séance de rattrapage…

 

Sébastien Vidal, Chroniqueur
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Colomiers 15 8 Soyaux-Angoulême
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