Derrière les poteaux : Stérilité #42
Publié le mardi 30 octobre 2018 à 06:00

Si le resultat comptable est celui espéré, la prestation collective du CAB n'était pas celle attendue. Les supporters sont restés sur leur faim et attendent mieux de leur équipe. Avec l'arrivée d'un nouvel entraineur, l'espoir d'un meilleur jeu était rêvé. Il se fait attendre.

Jeremy Davidson avait asséné avant le début de saison que le CAB voulait imposer son jeu partout. Il aurait dû préciser à ses joueurs que ça englobait le stadium de Brive. Il est des soirs tels que celui qui a hypnotisé le public d’Amédée Domenech contre Montauban, terne, fade, sans aucune saveur, dépouillé de toute inspiration. J’entends ici et là que ce sont des choses qui arrivent, qu’il faut aussi savoir gagner ces matchs-là. Certes. Mais à combien de ces matchs ne méritant que l’oubli avons-nous eu à faire depuis trois saisons ? Bien trop, en tout cas notre tour est revenu bien plus souvent qu’il n’aurait dû.

Peu à peu, nous voyons que le mal qui a rongé le club depuis trois ans est toujours là, pire, il continue son travail de sape. Le mal me direz-vous, mais quel mal ? Personne ne le sait vraiment, d’aucuns constatent simplement le grand désert d’inspiration offensive persistant, juste alimenté par l’oasis Olding depuis cette saison. Le CAB, à peine remis de sa « Germain dépendance » semble proche de la « Olding dépendance ». C’est flagrant tant l’équipe perd toute figure attaquante quand il est absent. À l’approche d’Halloween le staff aurait peut-être dû tenter de déguiser l’ouvreur irlandais pour qu’il puisse malgré tout fouler l’herbe sacrée du temple corrézien. Mais au pays des lanceurs de courges, l’imminence de la fête des morts a bien failli mener tout le monde au cimetière. Et soudain, s’élevèrent des tribunes, des cris en thème revus et rebattus.

Les trois-quarts, pas inspirés, un peu perdus, semblaient en avoir plein les potirons, heureusement que les avants, et François Da Ros en tête, fidèle à lui-même, ont sorti la boîte à potimarrons. Ce garçon très attachant, qui a produit de très belles saisons chez nous, nous laisse penser qu’il a entamé une collection de cartons bicolores. Après une belle moisson la saison dernière il montre de belles velléités pour persister dans son art.

Bien sûr, comme dans le bon la brute et le truand, le monde se divise en deux catégories. Ceux qui se voilent la face et bêlent avec le troupeau « tout va bien, tout va bien, tout va bien… » et puis ceux qui pointent les insuffisances, les progrès aux abonnés absents, la grande différence entre les promesses et les résultats. Rendons-nous à l’évidence, le CAB ne rassure pas, il inquiète même. Le malade est toujours fiévreux, il tousse et le Zébrium crache des glaires de fond de tableau. Le classement, agit en trompe l’œil. Entre match honteux (Massy) et victoires domiciliaires presque miraculeuses (Colomiers, Béziers) et hold-up à Vannes, on ne sait que penser, ou panser. Les grosses cylindrées vont croiser le chemin de nos gars, et la vérité apparaîtra et mettra tout le monde d’accord (il n’y aura plus qu’une seule catégorie, celle des « je vous l’avais bien dit ! ».

Cependant, tout n’est pas noir, jamais. Surtout chez les noirs et blancs. Les détracteurs de Thomas Laranjeira en sont pour leurs frais, condamnés à guetter, l’œil vif et la mauvaise foi en bandoulière, le premier faux pas de l’arrière buteur. Qu’ils se rassurent, il en commettra forcément un, puisqu’il est humain. En attendant, il assure très bien et montre l’étendue de ses capacités.

L’autre bonne nouvelle ce sont les sélections de joueurs en équipes nationales. Mais nous serons un peu déshabillés pour des matchs cruciaux.

Enfin, l’hiver à montré qu’il arrivait à nos portes, qu’il ne nous avait pas oubliés. En même temps que les arbres se délestent de leurs feuilles les gradins vont se déplumer un peu plus. Le « dur » se présente, c’est là qu’on voit les hommes.

Les seules à s’en réjouir sont les sardines, puisqu’elles sont désormais au placard, au chaud.

En attendant, nous sommes dans le long tunnel de la ProD2, et la lumière n’a pas encore montré le chemin. Le club est sur des rails, c’est déjà ça, mais lesquels…

 

Photos : Breniges FM

 

Sébastien Vidal, Chroniqueur
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