Derrière les poteaux : Fin de cycle #37
Publié le mercredi 11 avril 2018 à 06:00

Samedi, Brive disputait une nouvelle finale pour son maintien face à Lyon mais la marche fut trop haute. L'avenir du CAB est plus que difficile à prévoir mais cette saison marque un tournant, une fin de cycle. L'année de trop pour certains.

Samedi le temps était incertain, comme la fin de cette saison. Malgré cela, plus de douze mille personnes avaient fait l’effort de se déplacer pour soutenir le CAB qui recevait le LOU. Douze mille ce n’est pas rien. J’y vois la preuve que le peuple noir et blanc se sent concerné et qu’il y croit encore, lui qui a si souvent été pris pour un imbécile ces deux dernières saisons, lui qu’on a copieusement enfumé et à qui on a menti avec un tel affront. Ce peuple méprisé était donc là, malgré tout, debout et fier, donnant de la voix et tapant du pied. Parce qu’il aime son club.

Le seizième homme a été présent, il a fait le job et sur un coup du sort cela n’a pas suffi. Pourtant la rencontre avait très bien commencé. Le CAB marquait très vite et prenait les choses en main. Ensuite cela s’est un peu gâté. J’ai entendu ici ou là que nous avions arrêté de jouer pendant vingt minutes. Je ne suis pas un spécialiste, juste un supporter. Mais je crois que ce sont plus les visiteurs qui ont haussé leur niveau de jeu que nous qui avons levé le pied. Après ces vingt minutes très pénibles à défendre et à être privé de ballon, nous avons relevé la tête, l’orage était passé. Malheureusement sur la fin, de nouveau les travers, les coups de pied, les touches pas trouvées, les ballons rendus. Le cochon était dans le maïs, le LOU était dans la bergerie. Même si l’issue nous est pénible, nous pouvons reconnaître que ce fut un beau match, plein de jeu, plein de mouvements et plein d’essais…valides…ou pas. Encore une fois monsieur Péchambert a brillé sur la touche, de tout l’éclat de son crâne, peut-être qu’il serait sage qu’il y soit pour de bon, sur la touche.

Finalement, à la fin du match, la déception est colossale, peut-être encore plus grande que lors de la défaite contre nos meilleurs ennemis les jaunards. Il y avait énormément de colère en tribune, et une sacrée dose de rancœur et d’amertume. De la colère de constater où nous en sommes alors que nous l’avons vu arriver depuis la saison dernière. De l’amertume et de la rancœur en voyant que malgré le départ du manager les feuilles de match fantasques continuent et que les décisions ubuesques fleurissent avec toujours autant de facilité. Nicolas Godignon n’est plus là mais les mêmes énormités perdurent. Il est donc légitime de se poser des questions sur le partage des responsabilités. Certes les joueurs jouent plus naturellement, nous voyons de belles choses, nous marquons des essais de trois-quarts, il y a du mouvement. Parce que le groupe s’est pris en charge. Mais Didier Casadeï, à la fin du match, au lieu de nous dire « qu’on a pas de chance » (sic) aurait mieux fait de nous expliquer deux trois choses simples.

Comme pourquoi pas un seul seconde ligne sur le banc ?

Pourquoi s’entêter à prévoir Fabien Sanconnie sur le banc comme deuxième ligne ?

Pourquoi Demba Bamba à gauche alors qu’il est plus naturel à droite ?

Pourquoi ne voyons-nous pas jouer Vasil Lobzanidze ? International géorgien ça ne doit pas être assez bien pour le staff.

Pourquoi mettre Vasil Lobzanidze sur le banc pour finalement ne pas le faire jouer ? Autant mettre un deuxième ligne. D’autant que nous en avions, Lagrange, Ledevedec, Uys. Nous pouvions même faire monter Dominiko Waqaniburotu vu la qualité et la densité de notre troisième ligne.

Tout cela est très étrange, et je pense que quand on est une équipe en grand danger comme la nôtre, pour gagner des matchs on commence par mettre les petits plats dans les grands, ce qui présuppose de faire jouer les joueurs à leur poste de prédilection et de faire jouer les meilleurs à leur poste sans écouter l’affect. Le constat est donc simple, si le manager s’en est allé le copinage lui, est resté. Quand on voit encore samedi soir, l’apport précieux de Jerry Burotu, le match dantesque de Waqaniburotu, la performance de James Johnston, on mesure à quel point ils ont manqué pendant ces longs mois où ils étaient confinés au frigo. Le staff a fait n’importe quoi avec l’argent des sponsors et des partenaires, l’argent de la ville de Brive, du conseil départemental, de la région, notre argent. Le mépris continue, et le club a beau dégainer tardivement un « pack supporter » pour aller au charbon à Oyonnax, on persiste à se foutre de nous.

Ce club n’est pas en fin de vie, mais il est assurément en fin de cycle. Si nous voulons éviter une saison supplémentaire en enfer en Top 14 lors de la prochaine, ou si nous désirons survivre dans le très difficile et âpre championnat de Pro D2, il nous faudra nous réinventer, repartir sur des bases saines. Faire table rase du passé (sans oublier le travail effectué) et rebâtir sur des personnes neuves et des idées nouvelles. Ce club a un besoin vital de fraicheur, de projets nouveaux et novateurs. Je ne parle pas du projet invisible Brive 2020 qui vous l’avez compris désormais n’était que du vent destiné à nous occuper et à nous endormir. Peut-être que lors du changement de la pelouse les pelleteuses l’exhumerons de la terre, sale et pourri, et qu’une simple boîte à chaussure suffira pour le contenir.

Notre inénarrable président Gillham a dit après la défaite à domicile contre l’ASM, que la Pro D2 ce n’était pas si grave. En effet, mais ce qui serait gravissime et inacceptable, ce serait la Pro D2 avec la même équipe dirigeante et le même staff. Mais la place du CAB est en Top 14.

Nous n’en serions pas là si nous avions un président qui préside. Un président qui décide. Nous avons un président à paillettes indigent, qui n’est sorti de sa longue hibernation que pour donner des interviews grotesques destinées à endormir les supporters. Dès la fin de l’automne il aurait dû réagir et ne pas attendre d’être dans le mur. Mais sa relation avec le manager était si forte qu’il a retardé au maximum l’inéluctable, et même lors du communiqué de presse annonçant la séparation amiable, il n’a pas pu s’empêcher de se transformer en laudateur du manager.

Simon Gillham a été l’espoir de ce club et il est aujourd’hui son désespoir. Il n’a pas pris assez de décisions et les rares qu’il a prises sont arrivées bien trop tardivement. Il est la preuve vivante qu’on ne peut pas cumuler les fonctions et être efficient. Quatre casquettes pour une seule tête, fusse-t-elle très bien remplie, c’est beaucoup trop.

Les partenaires ont été floués. Ils doivent prendre leurs responsabilités et exiger des comptes…et des têtes. Des gens ont joué avec une grande désinvolture avec l’argent des autres, des partenaires, des sponsors, des habitants de la région et des supporters. Tout cela pour que chacun puisse conserver sa petite et précieuse place. Sans se soucier de l’avenir du club. Mais les partenaires doivent savoir qu’ils peuvent compter sur nous, les supporters.

Ce club plus que séculaire a grand besoin d’un gigantesque coup de pied dans la fourmilière, et ce ne sera pas Morné Steyn qui le donnera. Le CABCL doit savoir que ses supporters l’aiment, qu’ils sont prêts à faire encore la route avec lui, mais à condition que les choses qui doivent être faites soient faites. Nous serons là si par malheur nous allons à l’étage inférieur, mais en ce qui me concerne, et je sais que je ne suis pas seul, je refuse de revenir au stade avec la même équipe aux commandes. Je refuse d’être pris pour un con et d’en redemander.

Notre président n’a qu’à rester à Paris et laisser les clés du club tant qu’il ne l’a pas totalement coulé. Si ses jobs chez Vivendi et à l’Olympia ne lui suffisent pas, il pourra toujours trouver un travail de sosie de Casper le fantôme pour occuper ses week-ends. Il l’a tellement bien fait au CAB.

Messieurs les joueurs, sachez que votre contrariété est aussi la nôtre, votre souffrance est notre souffrance, et nous ne doutons pas de votre implication et de votre amour du maillot. Nous y croyons encore parce que si vous n’avez pas totalement confiance en vous, nous nous avons confiance en vous.

Battez-vous comme des chiens pour cette treizième place, assurez-là, et vous verrez une armée noire et blanche débarquer sur le lieu de la bataille pour le match de barrage. Vous et nous avons rendez-vous avec l’histoire de notre club commun, ne le ratons pas.

 

Photo : Breniges FM

Sébastien Vidal, Chroniqueur
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