A force de se tirer une balle dans le pied, l'analyse du match
Publié le mardi 13 mars 2018 à 18:00

L'inquiétude grandit semaine après semaine. Ce match contre Clermont pouvait servir de réveil à tout un club pour le lancer pleinement dans le sprint final. Malheureusement, Brive joue avec le feu à six journées de la fin. Parfois, à force de jouer avec le feu, on se brûle.

 

La dynamique. Connaitre une mauvaise série en début de saison n'est pas dramatique, embêtant certes mais ça peut se rattraper. Vous trainerez cette série comme un boulet toute la saison mais le temps joue en votre faveur et vous pouvez vous refaire. Mais connaitre une mauvaise passe au début du sprint final n'est pas bon signe et le CAB est dans cette situation. Après un mieux fin décembre jusqu'en janvier, les brivistes avaient repris des couleurs. Mais à la suite de la petite pause en début du tournoi des 6 Nations, la situation est catastrophique, dangereuse. Avant la pause, il y a eu une défaite à La Rochelle mais depuis, 4 autres défaites se sont greffées à la défaite rochelaise. Dans cette série de 5 défaites, il y en a 2 à domicile et ce ne sont pas les deux bonus défensifs qui vont changer la donne. 5 revers de rang quand dans le même cas, Oyonnax est sur 3 victoires de rang, Agen a connu 2 victoires à ses 3 dernières rencontres et le Stade Français a cassé sa mauvaise série ce dimanche, avec tout ça, on peut dire que Brive est sur une pente très savoneuse et qu'il va falloir un sacré retournement de situation pour que le CAB sauve sa peau en Top 14 dans six journées.

Le coaching. Avant de reparler de la fameuse action qui fait tant parler depuis samedi soir, revenons sur un point. Cela fait désormais 3 rencontres qu'un joueur s'échauffe pendant toute la seconde période sans entrer en jeu. Il y a eu Louis Martin à Toulouse, Franck Romanet au Racing et désormais Etienne Herjean contre Clermont. Cela doit faire plaisir d'être cantonné au banc de touche sans avoir la possibilité d'aider ses coéquipiers sur le terrain. Samedi soir, le remplacement de Benito Masilevu a fait parler avec cette interrogation : pourquoi lui et pas Guillaume Namy ? C'est vrai que Namy a été en difficulté sur les ballons hauts et a commis plusieurs fautes de main. Cette saison, il n'est pas au mieux et ne parvient pas à se mettre en évidence. Mais LA décision qui fait parler est ce remplacement de la première ligne à l'heure de jeu. Brive est sur un temps fort, tout proche de la ligne clermontoise. Certes, la défense provoque le turnover briviste et l'arbitre accorde une mêlée. Depuis le début du match, le trio Devisme - Tadjer - Puafisi est performant. Pourquoi les changer maintenant et pas au prochain arrêt de jeu, au milieu du terrain ? En regagnant le banc, à leurs visages, ils auraient bien voulu disputer cette mêlée. Derrière, on connait tous le scénario : pénalité contre Brive et Clermont qui ressort plus fort en repoussant ce temps fort briviste. Sûrement le tournant du match, peut être le tournant de cette fin de saison.

On n'a pas fini d'en parler de ce moment dans les chaumières brivistes

 

Les mêmes maux. Match après match, Brive est plombé par les mêmes maux qui font que Brive se retrouve au bord du précipice. Le CAB n'y arrive pas offensivement et n'arrive pas à créer des différences balle en main. Samedi, c'est vrai que la météo n'a pas aidé du tout. Défensivement, les plaquages manqués font très mal. A nouveau, c'est un match à moins de 80% de plaquages réussis (78% à 53/68). Brive n'arrive pas à conclure et à être efficace. Le CAB a eu quelques temps forts mais n'a pas réussi à franchir la ligne. Pour sa part, Clermont a réussi un franchissement et il est l'oeuvre de ... Yato qui va marquer l'essai de la victoire en effaçant 4 brivistes. Mais cette action part d'un ballon rendu par un jeu au pied approximatif. A ce moment du match, il faut certes trouver la touche mais surtout ne pas offrir un ballon de relance à l'équipe adverse en expédiant le ballon dans la tribune. La touche a eu du mal à fonctionner pendant toute la saison et les brivistes ont perdu plusieurs ballons offensivement (ils ont réussi à limiter la casse en volant presque autant de munitions). François Da Ros n'a pas effectué une belle entrée dans ce secteur en deuxième période. L'attaque, le réalisme offensif, la défense, la touche, le jeu au pied : voici quelques aspects du jeu qui plombent Brive depuis le début de saison.

Le public. Où est passé le public briviste ? On peut se poser la question depuis le début de saison. Il y a quelques saisons, devant le jeu proposé et les résultats obtenus, le public aurait montré son mécontentement et l'aurait fait savoir aux principaux intéressés. Il aurait sifflé, à l'occasion demandé des comptes au président et à l'entraineur. En gros, il se serait exprimé. Cette saison, rien de tout ça. On quitte le stade sans un mot et le plus rapidement possible. Comme s'il était désabusé ou avait déjà compris ce que donnerait cette saison. Les groupes de supporters tentent bien de mobiliser le reste du stade mais la tâche est ardue, si ce n'est impossible. La qualité du jeu sur le terrain n'incite pas à se décarcasser en tribune or, c'est la base de tout. Si ça joue bien, tu encourages. Si ça joue mal, tu ne dis rien et tu laisses faire. Pourquoi la saison dernière, le stade perd 700 spectateurs en moyenne alors que les résultats sont là ? Le mal est profond et le divorce entre le public et le club semble acté. Espérons qu'au moins sur les 3 dernières rencontres de la saison, les joueurs pourront compter sur le 16e homme pour se maintenir. On aura le temps de régler les comptes pendant l'intersaison.

La pelouse. Et dire qu'une partie de la pelouse avait été changée. Face à la pluie diluvienne de samedi, l'ancienne pelouse a résisté mieux que la nouvelle. Il y a quelques semaines, la Ligue avait ordonné des travaux pour améliorer les conditions de jeu. Objectif manqué. Quelques jours après la pause, pour le premier match face à Pau, Romain Poite s'était plaint de l'état "marécage" de cette partie du terrain. Samedi, les joueurs donnaient l'impression de marcher sur l'eau (sans pour autant être des dieux). Dorian Lavernhe, sur une tentative de pénalité manquée, ne frappe pas dans la pelouse mais dans l'eau. Normalement, un système de drainage avait été installé. Le moins que l'on puissse dire est qu'il est inefficace. Le CAB a besoin d'un changement total et urgent de pelouse.

Une gerbe d'eau au moment de taper ? Sur la nouvelle partie de la pelouse ?

 

En conclusion

Où et quand s'arrêtera la chute ? Après un rebond sur les mois de décembre et janvier, Brive retombe dans ses travers et inquiète de plus en plus. Clermont était le match à gagner, non pas parce que c'était le derby mais surtout vis à vis de la lutte pour le maintien. Mais une succession d'erreurs a offert la victoire à l'ASM et a plongé dans un océan de doutes les joueurs. Quelque chose ne tourne pas rond dans cette équipe depuis le début de saison, cela se sent, les supporters le sentent. Quand vous voyez Fabien Sanconnie repartir en pleurs aux vestiaires à l'issue du match, le mal est profond. Quoiqu'il arrive, ce mal devra être éradiqué par n'importe quelle méthode qu'il soit. Il reste 6 matchs pour sauver ce qu'il doit l'être. Peut être un de plus avec le barrage. La situation est grave et la côte d'alerte est atteinte.

 

Rémi Brazon, Rédacteur
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Classement Top 14 Pts
1 Montpellier 81
2 Racing 92 80
 
13 Oyonnax 39
14 Brive 36
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Résultats Finale
Oyonnax 10 22 Brive
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