Reportage Olivier Caisso : de l'aube aux étoiles d'une nuit de fête - 1/3
Publié le mardi 15 décembre 2015 à 11:27

Il a connu des hauts, des bas et même des très bas. Il a mené des combats sur et en dehors des terrains de rugby. De chacune de ses expériences, il s'est forgé un caractère à toute épreuve qui en fait le joueur et surtout l'homme qu'il est aujourd'hui. Du Vaucluse à Montauban, en passant notamment par Auch, Colomiers et Brive, Olivier Caisso a beaucoup d'histoires à raconter. Des histoires d'hommes. Voici un portrait en 3 épisodes d'un joueur de rugby au grand coeur. Première partie : de la genèse au firmament.

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Si certains sont tombés dans la marmite de potion magique tout petit, il y a des exceptions à la règle. Mais cela ne les a pas empêché de faire une grande carrière. Prenons l'exemple de Jérôme Thion. D'abord la natation puis le basket (en étant notamment au centre de formation de Pau-Orthez) puis enfin le rugby. Avec 2 titres de champion de France et 54 sélections en EDF, la reconversion sportive a été un bon choix.

Malgré son physique, Olivier Caisso n'a pas tout de suite fait le choix du rugby. Né à Perthuis dans le Vaucluse, Olivier a pratiqué le tennis jusqu'à l'adolescence. Puis il est rentré dans le monde de l'ovalie pour ne plus le quitter jusqu'à aujourd'hui. Après deux expériences à Perthuis et à Belley dans l'Ain, le tout jeune rugbyman tente sa chance à Grenoble. S'il parvient à intégrer le centre de formation, ce n'est pas forcément dû à ses qualités techniques

Je n'avais fait que deux ans de rugby et j'avais encore du mal à tout comprendre. Mais physiquement, j'étais bien et c'est mon physique qui m'a permis de m'ouvrir les portes du centre de formation. Un gabarit comme le mien n'était pas fréquent. Grenoble a plus remarqué ça que ma technique !

Et c'est parti pour l'apprentissage de ce nouveau sport au sein de l'académie grenobloise. Si les deux années au pied des Alpes se passent bien, sportivement c'est plus compliqué. Confronté à la descente en Fédérale de Grenoble, Olivier Caisso doit trouver un nouveau centre de formation pour continuer son apprentissage. Et c'est Toulon qui vient frapper à la porte et lui propose un contrat espoir. Sa première année dans le Var va se passer comme dans un rêve. Agé de 21 ans, le jeune 2e ligne va tout connaître, de la découverte du Top 14 à l'équipe de France.

Durant cette saison, tout est allé très vite. Entre Grenoble et Toulon, c'est un changement de dimension. J'ai eu la chance de pouvoir participer à un stage avec l'EDF des -21 et de jouer pour France U. Mais découvrir le Top 14 à 21 ans, c'est quelque chose.

Certes, la saison est très compliquée mais Olivier Caisso a la chance de fouler les pelouses pour les deux dernières journées, d'abord à Perpignan puis contre Agen.

J'en garde un énorme souvenir. Ça mêle plein d'émotions en même temps mais c'est le rêve de n'importe quel joueur. Et jouer à Mayol, c'est quelque chose. C'est un mythe, c'est impressionnant. Chaque match disputé dans ce stade (même en tant que visiteur) te donne des frissons.

Si la première saison a apporté de l'espérance et de la joie, la seconde sera beaucoup plus compliquée. Toulon est de retour en Pro D2 mais voit l'arrivée d'un homme qui va faire basculer le RCT dans la dimension que l'on connaît aujourd'hui : Mourad Boudjellal. Le nouveau président toulonnais veut retrouver le Top 14 au plus vite et s'en donne les moyens. Confronté à une grosse concurrence, Olivier Caisso n'a pas d'opportunité et doit se résoudre à quitter Toulon à l'issue de son contrat espoir. Mais il va rebondir, et pour cela cap à l'ouest : Auch.

Tombé sous le charme du sorcier gersois, le 2e ligne découvre un nouveau monde : le berceau du rugby.

Je ne connaissais pas le Sud-Ouest mais quand tu arrives, il n'y a qu'à regarder les panneaux sur la route pour comprendre où on met les pieds : Dax, Tarbes, Agen, Toulouse .... Chaque nom évoque un club de rugby. La région a ça dans le sang. Et Auch est un club à part. Pour un jeune joueur comme moi, c'est un club très convivial, "famille". C'est aussi une très bonne école pour les avants. Je ne serais pas le joueur et l'homme que je suis sans mon passage à Auch. J'ai noué une relation très particulière avec ce club et mes anciens coéquipiers.

Auch est toujours ce petit club qui lutte pour sa survie mais dont les valeurs ne sont plus à prouver. A 22 ans, Caisso retrouve le Top 14 et va en plus découvrir l'Europe en Challenge Européen. Après une quinzaine de feuilles de matchs, le couperet tombe : le bastion gersois recule en Pro D2. Mais petit à petit, le 2e ligne prend de l'assurance et du galon. Pièce maîtresse du pack rouge et blanc, il enchaîne les rencontres jusqu'au mois de janvier où la première tuile arrive (et la seule à ce jour) : une blessure à l'épaule. Stoppé en plein élan, il accuse le coup mais ne tarde pas à rebondir. Initialement contacté par le Racing (qui ne donne pas suite après la blessure), Olivier Caisso poursuit sa carrière à Colomiers où là encore l'humain va jouer un grand rôle.

Pendant deux ans, je me suis éclaté. J'ai pris énormément de plaisir sur le terrain, j'avais la confiance de l'entraîneur et j'ai fait la rencontre de personnes, de grandes personnes

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Auch - Colomiers : deux expériences humaines pour Olivier

En deux saisons, Olivier Caisso continue dans la lignée de son expérience auscitaine. Il n'est plus un joueur parmi tant d'autres dans cette division mais bien un cadre et un joueur d'expérience en Pro D2 : 56 matchs et 45 titularisations sous le maillot de la colombe. Mais au bout de cette deuxième saison, c'est à nouveau la descente en Fédérale 1 pour le club columérin. Mais le 2e ligne va s'appuyer sur ses belles performances pour s'offrir un nouveau contrat mais pas en Pro D2 cette fois ci mais bien en Top 14, du côté de Brive.

Quand j'ai rencontré Ugo Mola, j'ai ressenti cette confiance. Pour moi, c'était une étape supérieure dans ma carrière mais je n'avais pas d'appréhension particulière. Brive est un gros club, avec une grande histoire et qui reste accessible pour des joueurs issus de la Pro D2 comme moi par exemple. Il est plus facile de se faire un trou au CAB que dans d'autres écuries du Top 14 lancé dans une course à l'armement sans fin

C'est une saison très particulière que va vivre le club et le joueur. Si tout se passe bien au début, cela va vite s'écrouler par la suite. Les tensions surgissent, Ugo Mola doit laisser sa place, Nicolas Godignon est promu entraîneur en chef mais le mal est profond et le couperet tombe : Brive, sur une dernière défaite à Clermont, descend en Pro D2. De cette première saison en Corrèze, Olivier Caisso n'est pas beaucoup titulaire (2 fois) mais obtient du temps de jeu (15 feuilles de matchs en Top 14). C'est surtout en Challenge qu'il va pouvoir s'exprimer pleinement avec 6 titularisations sur les 8 matchs disputés. Très belle aventure européenne stoppée aux portes de la finale.

Décidément, quand Olivier est dans un club, il descend systématiquement. Ce n'est plus un joueur de rugby mais un chat noir ?

Retour donc à la case Pro D2 pour Brive et Caisso, finalement une division où le deuxième ligne a ses marques et ses repères. Les 6 premiers mois sont compliqués, les brivistes ont du mal à trouver un rythme de croisière mais on ne sent pas une appréhension particulière à évoluer à ce niveau. Et puis un évènement va tout changer, tout du moins accélérer : après une défaite à domicile contre Carcassonne, Philippe Carbonneau revient au club pour prendre en charge les 3/4. C'est la métamorphose d'un club qui passe de l'état de chrysalide à celui de papillon

Avec l'arrivée de Carbo, il s'est passé quelque chose. L'étincelle qu'il manquait sûrement à notre groupe. On est devenu d'un coup plus serein, conscient qu'on pouvait aller chercher quelque chose ensemble. On savait où on vous allez. Quand vous avez des joueurs comme Cami et Tasi (NDLR : Julien Caminati et Poutasi Luafutu) qui ont été de véritables locomotives pour l'équipe, cela devient plus facile

Brive remonte au classement et le public petit à petit commence à y croire également. Olivier Caisso est de toutes les batailles participant à l'ensemble des rencontres, même s'il ne sera titulaire que 12 fois. Mais voilà qu'arrive le point d'orgue de la saison : la finale d'accession contre Pau.

Cela reste un match comme un autre, un match qui faut gagner. On s'est battu toute la saison pour ça. Mais au moment où on sort du tunnel et qu'on pénètre sur la pelouse, on voit face à nous ce virage plein, plein de supporters brivistes. C'est magique. C'est mon plus beau souvenir, ça donne des frissons. Et après la rencontre, quand on revient chez nous à Brive, que la place de la Guierle est pleine, c'est pour des moments comme ça qu'on fait ce métier. Tu permets aux gens de vibrer, de vivre quelque chose de spécial. Ce n'est pas que notre moment, c'est le moment de tout le monde. L'objectif était atteint : remettre le CAB en Top 14 et pouvoir à nouveau se frotter contre les gros : Clermont, Toulon, Toulouse ...

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La fête ne fait que commencer pour Olivier, Guillaume, Julien et leurs coéquipiers !

 

Article rédigé par Rémi Brazon Google+

 

Rémi Brazon, Rédacteur
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Olivier CAISSO
Deuxième ligne
Classement Top 14 Pts
1 Montpellier 81
2 Racing 92 80
 
13 Oyonnax 39
14 Brive 36
Classement Top 14 complet
Résultats Journée 8
Montpellier Toulouse
Brive 30 9 Bordeaux
Agen Stade Français Paris
Pau Castres
Toulon Bayonne
La Rochelle Racing 92
Clermont Ferrand Lyon
Résultats Top 14