Que deviens tu Maxime Petitjean ?
Publié le mardi 8 août 2017 à 10:00

Mais que deviennent donc ces joueurs qui nous ont fait rêver durant leur passage à Brive ? Combien sommes-nous, régulièrement, à nous poser cette question, sans forcément prendre le temps de chercher une réponse, sur la toile ou ailleurs. C’est donc pour tenter de répondre à ce genre d’interrogations que l’idée d’une nouvelle rubrique, intitulée « Que deviennent-ils » est née.

 

Oui mais, qui choisir pour essuyer les plâtres ? C’est tout simplement, on allait voir du côté de chez l’un des prédécesseurs de notre Maître canonnier patenté depuis plusieurs saisons… et qui dit « canonnier », ne peut que penser à notre précédent champion du tir au but, le petit tulliste émigré chez nos voisins aurillacois…

Vous avez trouvé de qui il s'agit ? Eh oui, c’est bien lui, Maxime Petitjean, notre ancien ouvreur et arrière au pied d'or. Qu’est-ce qu'on a pu pleurnicher, dans les travées du Stadium quand on a su qu'il quittait notre CABCL en 2008.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Aurillac, ce n’est pas loin alors, pas de temps à perdre, en route pour la ville « du umbrella aurillacis » autrement dit, la cité historique du parapluie, devenue depuis quelques années, celle de notre ancien briviste.

Quand on rencontre Maxime, ce qui est frappant, au premier abord, c’est son sourire, sa simplicité et sa disponibilité. Pas besoin de perdre de temps et d’attendre que la glace soit fondue. Sans attendre, on a envie d’en savoir plus sur ce garçon si attachant. La première question fuse donc et ensuite tout s’enchaîne, naturellement.

 

Max, pour tous ceux qui ne suivent pas la Pro D2 et qui t’ont un peu perdu de vue, que deviens-tu ?

Je suis actuellement joueur du stade aurillacois et capitaine de l’équipe. J’attaque ma huitième saison depuis mon retour et suis sous contrat jusqu’en juin 2018.

Même si tu as encore quelques belles saisons devant toi, à haut niveau, le départ à la retraite de ton pote Péjoine, t’a-t-il fait réfléchir à l’avenir ?

J’espère jouer encore 2 ou 3 saisons. JB est un gars intelligent qui a toujours eu une activité à coté du rugby. Il a assuré sa reconversion bien avant la fin de sa carrière et c’est tout à son honneur. Pour ma part, j’ai repris quelques formations depuis 2-3 ans et bien évidemment, je réfléchis à mon avenir depuis un bon moment.

Quel est ton plan de reconversion après le rugby professionnel ?

Je vais attaquer un DEJPES rugby en septembre, pour devenir entraineur car j’ai vraiment envie de rester dans ce milieu. Ensuite, j’ai un projet de restauration rapide mais il est encore au stade de la réflexion.

Qu’est ce qui te fait rêver pour plus tard, quand tu auras raccroché tes crampons ?

Ce qui me fait rêver, une fois les crampons raccrochés, ce serait d’avoir un job stable qui me plaise pour que les miens ne manquent de rien. J’ai aussi envie de profiter à fond de ma famille et de faire des voyages.

 

Maintenant que nous avons parlé de l’avenir qui, compte tenu du sérieux avec lequel tu le prépares, n’en doutons pas un seul instant, ne peut qu’être souriant, si nous parlions un peu de tes souvenirs, du présent et du « fun »

 

A Brive, tu es connu comme « le loup blanc », à telle enseigne que de nombreux amateurs de rugby pensent que tu es un pur produit briviste, mais voilà, peux-tu nous retracer ton itinéraire depuis que, gamin, tu as commencé à taquiner le ballon ovale ?

J’ai attaqué le rugby à l’âge de 5 ans, à l’école de rugby de Tulle. Je suis, ensuite, parti au centre de formation du Stade Aurillacois en 2001. J’ai fait mon premier match professionnel en février 2003. En 2005, j’ai rejoint le CAB, jusqu’en 2008 puis de 2008 à 2010, j’ai joué à Dax avant de revenir au Stade Aurillacois dont je n’ai plus bougé jusqu’à maintenant.

Comment se fait-il que tu aies eu ce parcours alors qu’un « aller simple » de Tulle vers Brive aurait semblé tellement plus logique ?

J’ai choisi de rejoindre Aurillac car je n’avais aucun contact avec Brive. De plus, mon ami d’enfance, Mickaël Grarcia rejoignait, lui aussi, le centre de formation d’Aurillac.

Après un périple qui t’a conduit de Tulle à Aurillac puis à Brive avant un retour dans le Cantal, entrecoupé d’une petite escapade à Dax, il est indéniable que tu es viscéralement attaché à ta région. Alors, un petit quiz : plus corrézien ou cantalou ? La viande, plus salers ou limousine ? Plus farcidure ou potée auvergnate ? Et pourquoi ?

Je suis né et j’ai grandi en Corrèze donc, plus corrézien même si je suis cantalou d’adoption. Par contre, pour la viande, plus salers. Même si j’aime beaucoup la potée auvergnate, je préfère les farcidures.

Tu sais que dans la vie, on a souvent une image qui nous colle à la peau. En ce qui te concerne et vu tes exploits en la matière, ce serait plutôt celle « d’enquilleur de points ». Que voudrais-tu dire à tous ceux qui ne voient que cela en toi ?

Chaque personne pense ce qu’elle veut. C’est vrai que cette image me suit depuis le début de ma carrière mais cela ne me gène pas. Je sais quand même que j’ai d’autres atouts que le jeu au pied et des défauts aussi ! Si je n’étais qu’un joueur au pied, je ne pense pas que j’aurais pu jouer longtemps au niveau professionnel.

A ton arrivée à Brive, en 2005, tu n’avais pas la même carrure d’athlète qu’aujourd’hui. Pourquoi ce changement de morphologie ? Nécessité professionnelle, évolution naturelle ou une autre raison ?

A mon arrivée à Brive, je n’avais fait que très peu de musculation. Je faisais à peine 70 kilos et je savais très bien qu’il me faudrait rapidement prendre du poids si je voulais évoluer en Top 14. J’ai donc eu une préparation presque uniquement basée sur la musculation et, rapidement, cela s’est répercuté sur la bascule. C’était donc une nécessité professionnelle même si naturellement, j’aurais aussi pris du poids. Aujourd’hui, je fais 84 kg.

 

Maintenant que nous te connaissons presque intimement, Max, si nous nous intéressions à ta vision du rugby en général

 

De nos jours, les petits gabarits sont de moins en moins nombreux au niveau professionnel, non ? A ton avis, ces « petits », peuvent-ils encore envisager de jouer à haut niveau ou celui-ci est-il réservé maintenant aux seuls joueurs dont la carrure permet de faire peur à l’adversaire ou d’encaisser les percussions de ces bulldozers lancés à pleine vitesse en mettant, de plus, l’épaule en avant ?

Il y a de moins en moins de petits gabarits, c’est vrai, mais il y en a encore qui arrivent à s’en sortir. Aujourd’hui, les joueurs sont de plus en plus costauds et courent de plus en plus vite. Les impacts sont plus violents qu’il y a 10 ans mais les joueurs sont mieux préparés qu’avant.

Comment juges-tu le jeu français actuel ? Penses-tu que l’on puisse revenir à un jeu plus axé sur de belles envolées lyriques, des évitements, des crochets et autres contre-pied, enfin bref, tout ce qui faisait la beauté du « rugby de papa », celui du « French Flair » ?

Je pense que la France a pris un peu de retard sur les autres nations. En Top 14 et même en Pro D2, nous voyons tous les week-ends des matchs superbes, avec de belles envolées. Le problème, c’est qu’il y a beaucoup trop d’étrangers dans nos championnats qui empêchent l’éclosion de jeunes talents français. Les nations comme l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande etc… n’hésitent pas à lancer des jeunes de 19-20 ans dans les championnats professionnels mais je pense que tout le monde a pris conscience du problème et va tout mettre en œuvre, en terme de formation, pour résoudre le problème et trouver des solutions Nous ne sommes pas plus bêtes que les anglais, les néo-zélandais ou d’autres donc, je ne vois pas pourquoi on n'y arriverait pas.

 

Si tu veux bien, Max, il serait également intéressant de parler de ta vision actuelle sur le club de Brive, sur les liens affectifs ou autres que tu as, éventuellement, encore avec ce club. Et également de ton sentiment sur la dernière saison de ton club actuel.

 

Quels souvenirs gardes-tu de tes années brivistes ? As-tu gardé des contacts avec certains de tes anciens coéquipiers ou d’autres personnes du club ?

Je ne garde que de très bons souvenirs de Brive. Quand j’étais petit, mon père m’emmenait au Stadium, voir des matchs. C’était l’époque où Alain Penaud, qui était mon idole, jouait. Cela a été une grande fierté pour moi d’avoir pu porter ce maillot, surtout en tant que corrézien. J’ai gardé pas mal de contacts avec d’anciens coéquipiers comme JB Péjoine, Simon Azoulay, Jérôme Bonvoisin, Damien Neveu, Nico Couttet, Damien Chouly…

Regrettes-tu de n’avoir pas pu rester dans ce club ?

Bien sûr que je regrette de ne pas avoir joué plus longtemps à Brive. J’aurais pu rester car il me restait encore un an de contrat mais, quand j’ai appris qu'Andy Goode arrivait, je me suis dis qu’il était mieux pour moi de partir plutôt que de ne pas jouer. J’ai passé, à Brive, 3 saisons extraordinaires même si, de jouer le maintien tous les ans était difficile.

Comment as-tu vécu le fait d’être relégué à l’aile, par Olivier Magne, à la fin de ton aventure briviste ?

Je ne suis rentré à l’aile, en cours de match, qu’une fois ou deux, pour rendre service à l’équipe, rien de plus. Sinon, j’ai toujours joué à l’ouverture ou arrière.

Est-ce que tu sais qu’aujourd’hui encore, tu jouis d’une belle côte de popularité du côté de Brive.

Si j’ai une belle côte de popularité à Brive, j’en suis très heureux. Je vois bien que les gens me reconnaissent quand je viens à Brive. Je me suis toujours donné à 100%. Je sais que l’on ne peut pas faire l’unanimité mais je suis content que beaucoup de personnes se souviennent de ce que j’ai fait.

Comment juges-tu le club, aujourd’hui ?

Le club s’est bien installé dans le Top 14 et a bien évolué. Je suis toujours attentivement les matchs du CAB et je pense que Nicolas, Didier et Philippe font du très bon boulot. Le public, fidèle, a une place très importante aussi et a beaucoup évolué depuis mes années brivistes. Je pense également que le club est bien géré financièrement, contrairement à quelques années auparavant. Il est devenu très compliqué de venir s’imposer au Stadium.

Il y a deux saisons, à Aurillac, après votre victoire sur Mont de Marsan, en demie d’accession au Top 14, beaucoup de brivistes se plaisaient à imaginer un derby Aurillac - Brive, et toi, qu’en penses-tu ? Comment avez-vous, ensuite, vécu l’élimination lors de la finale ?

Je pense que tous les aurillacois avait, eux aussi, envie de revivre le derby. La demi-finale de 2013, à Brive, reste un souvenir inoubliable pour tous les aurillacois, tellement la fête fut belle. L’ambiance entre les supporters était incroyable et ça a marqué beaucoup de monde, malgré la défaite. Il y a 2 ans, nous avions vraiment à cœur de remporter la finale face à Bayonne pour rejoindre le Top 14 mais nous sommes passés à côté de notre match et avons eu beaucoup de mal à digérer cet échec car nous croyions réellement en nos chances de monter, par rapport à notre saison d’où, je pense, notre dernière saison en demi-teinte.

 

En conclusion de cet entretien qui nous a permis de mieux te connaître et t’apprécier, tant sur le plan personnel que professionnel, que voudrais-tu dire, toi, personnellement, à tous tes fans et supporters du Stade Aurillacois, du CAB ou du rugby en général ?

La seule chose que je tiens absolument à dire et faire comprendre à vous tous, supporters, c’est de continuer à venir, nombreux, au stade pour supporter votre équipe, dans les bons mais surtout dans les mauvais moments. N’oubliez pas que nous sommes des êtres humains avant tout et qu’il nous arrive, comme à toute personne dans son travail, de ne pas être à 100%. L’appui des supporters est toujours un facteur important dans la réussite de l’équipe. Plus personnellement, je tiens à remercier toutes les personnes qui me soutiennent depuis toutes ces années, dans les bons comme dans les mauvais moments.

 

Il ne nous reste maintenant qu’à te remercier également, Maxime pour ta disponibilité, ta gentillesse et la franchise avec laquelle tu as répondu à toutes nos questions. Nous avons pu découvrir que tu es un garçon lucide, attentionné envers ta famille, soucieux de leur apporter amour, confort et sécurité, passionné par le rugby au point de vouloir y consacrer ton temps plus tard et exercer une activité difficile, contraignante, difficile mais combien exaltante, en devenant entraîneur et transmettre à de futures génération de joueurs la passion et les valeurs de ce sport que nous aimons tant. Nous ne doutons pas un seul instant que ta vie future ne pourra qu’apporter, à toi et à ceux que tu aimes, que la joie, le bonheur et la prospérité que tu mérites et nous continuerons à apprécier et à supporter l’homme que tu es

Bonne continuation Max et surtout, ne change pas, reste comme tu es.

 

Jean Elhinger, Chroniqueur
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Maxime PETITJEAN
Demi d'ouverture
Classement Top 14 Pts
1 La Rochelle 85
2 Clermont Ferrand 78
 
7 Stade Français Paris 59
8 Brive 58
9 Pau 57
 
13 Grenoble 38
14 Bayonne 30
Classement Top 14 complet
Résultats Journée 26
Brive 33 27 Castres
Montpellier 27 26 Stade Français Paris
Racing 92 22 20 Bordeaux
Grenoble 53 21 Lyon
Toulon 32 12 Pau
Toulouse 40 12 Bayonne
Clermont Ferrand 30 26 La Rochelle
Résultats Top 14