Première finale perdue pour Brive, face à Agen en 1965 (15-8)
Publié le mercredi 23 mai 2018 à 06:00

Brive fait partie de ces équipes qui n'ont jamais soulevé le bouclier de Brennus. Et pourtant, le CAB a été proche de le faire à quatre reprises mais à chaque fois, le grand bonheur s'est refusé aux corréziens. La première fois, c'était en 1965 face à Agen. Retour sur cette finale au gout amer.

Voici 53 ans aujourd’hui, le CAB s’inclinait, en finale du championnat de France, face à Agen, sur le score de 8 à 15.

Sur le papier, l’équipe briviste avait fière en alignant P. VILLEPREUX - P. BESSON - M. MAROT- C. BESSON - CASTIGLIONI - (O) ROQUES - (M) PUGET - BURGUET – DELFOUR - LEWIN - NORMAND - FITE - MARSAUD - BESSOT – FREYSSINET, même s’il manquait quelques « figures » habituellement titulaires.

Malheureusement pour Brive, les agenais alignaient une équipe complète dans toutes les lignes et allaient faire la différence en seconde période. Tout avait pourtant bien commencé pour les corréziens qui, dès la 15ème minute, suite une mêlée à l’intérieur de nos 22 mètres, voient Roques lancer Claude Besson qui perce avec brio et tape à suivre sur la ligne médiane. Son frère, Pierre Besson, récupère le cuir et s’en va marquer, en bonne position, un splendide essai que Villepreux n’a aucun mal à transformer ; et voila nos Noir et Blanc qui mènent 5 à 0.

Les corréziens continuent sur leur lancée et continuent de faire subir une bonne pression aux agenais qui doivent attendre la 38ème minute et une faute briviste pour ouvrir le compteur. A la pause, le score est de 5 à 3.

Après les citrons, dès la 45ème, les agenais prennent les commandes suite à un hors jeu de la 3ème ligne coujou. Après cette seconde pénalité en coin de Dehes, les lot-et-garonnais continuent sur leur lancée et ne vont plus permettre à leurs adversaires de reprendre les commandes malgré un nouvel essai de Roques que Villepreux, malheureusement, ne peut transformer (8-9, 56'). Un essai du centre Razat redonne de l'air au SUA avant qu'à cinq minutes de la fin, un drop de Dehez tue les derniers espoirs brivistes. Au coup de sifflet final, l’arbitre renvoie les deux équipes au vestiaire sur la marque de 15 à 8 en faveur des mangeurs de pruneaux, sans que nos zèbres d’alors n’aient démérité.

 

D’ailleurs, le lendemain, la presse ne s’y trompe pas et RUGBY XV titre :

GRANDE FINALE EMPANACHÉE PAR LE BRIO DES VAINCUS

L’ATTAQUE MITRAILLETTE DE BRIVE

S’EST BRISÉE SUR LE BÉTON AGENAIS

 

Dans son édition du 24 mai, le Populaire du Centre écrit :

  • «… jamais les corréziens, malgré leur infériorité athlétique, ne voulurent s’avouer vaincus et le score apparaît finalement un peu lourd pour cette équipe qui lutta toujours avec courage…

  • En début de partie, les avants brivistes réussissent à tenir la dragée haute aux Agenais et à démontrer l’efficacité de leurs lignes arrières où les frères Besson s’affichaient, en chaque occasion, toujours dangereux…

Voici donc le compte rendu sportif de cette finale perdue mais voilà…

Il est bien possible que les véritables raisons de cet échec briviste ne se trouvent pas seulement dans une domination sportive des agenais et que des éléments extérieurs soient la cause réelle de cette déconvenue. Effectivement, il semble que deux événements particulièrement « curieux et importants » soient survenus avant le coup d’envoi

Premier élément perturbateur : l’arbitre…

Juste avant le match, une mauvaise surprise vient perturber la concentration des joueurs. L’arbitre désigné pour diriger la rencontre, prétextant une trop grande ressemblance entre les maillots de chacune des formations (ciel et banc pour les uns et noir et blanc pour les autres), contraint les corréziens à « changer d’habit » et à troquer leur tunique traditionnelle pour un maillot différent…

Pour la première fois de son histoire, le CAB se voit donc obligé de jouer en rouge et bleu, couleurs du Comité du Limousin. On peut aisément comprendre que cette décision arbitrale prise sans aucune concertation par un homme qui est bien connu pour ses attitudes « biaisées » et ses décisions à « géométrie variable », va grandement déstabiliser nos joueurs.

Le second événement, lui aussi crucial, va se produire dans les vestiaires, juste avant d’entrer sur le pré mais avant, il faut savoir que deux de nos vedettes locales, Pierre Besson et Michel Marrot, en cet an de grâce de 1965, font leur service militaire au Bataillon de Joinville où le footing matinal était obligatoire, ce qui ne faisait pas les affaires de Michel, invétéré « lève tard » qui, il faut bien le dire, ne se couchait jamais très tôt non plus…

Un matin, alors qu’ils trottinaient sur les sentiers du bois de Vincennes, Pierre, soudain, stoppa net sa course pour ramasser un fer à cheval, perdu sans doute par la monture de l’un des nombreux cavaliers qui fréquentaient également les lieux.

Présage prémonitoire !

L’après midi même, il le mit dans son sac de sport pour aller disputer un match amical : victoire !

Quelques temps plus tard, il l’emporte avec lui à Twickenham où il devait disputer un match contre les « Combined Services » : nouvelle victoire !

Ce fer à cheval se révèle donc être un talisman efficace et indispensable pour disputer les phases finales du championnat avec son club. Ainsi donc, avant chaque match, Pierre demande à ses copains de se réunir en cercle et de tendre la main vers le fer porte bonheur, placé au centre du regroupement et les victoires s’enchaînent : Narbonne (1/16e), Toulon (1/8e), Graulhet (1/4), Mont de Marsan (1/2).

Avant la finale face à Agen, le même rituel est organisé mais, une main maladroite ou fébrile laisse tomber le fer à cheval et, c’est la défaite !

Il est bien évident que par bonté d’âme, nous ne dévoilerons pas le nom du coupable de ce geste malencontreux mais, on ne peut être que convaincu que ce sont là les deux seules raisons de ce résultat décevant pour le CAB et qu’une éventuelle supériorité des adversaires, comme on a pu le lire ou l’entendre ci et là, n’y est pour quelque chose !

PS : sans l’existence de l’ouvrage « Rugby au cœur » et à l’ensemble de ses rédacteurs, nous n’aurions pas pu rédiger le compte rendu du match et narrer les anecdotes qui s’y rapportent alors, un grand merci à eux.

 

Jean Elhinger, Chroniqueur
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